Ferdinand BURY
1740 - 20 janvier 1795

Maître le 27 juillet 1774
 

Les documents de l'époque le désignent souvent par son seul prénom. Dans son atelier de la rue de Charonne, il emploie volontiers des ouvriers de nationalité allemande. On dit qu'il aurait collaboré avec Riesener car une commode du musée du Louvre porte leurs deux estampilles. Il jouit d'une grande réputation, ce qui ne l'empêche pas de déposer son bilan le 29 octobre 1789. Un peu de placage et de marqueterie géométrique, beaucoup d'acajou caractérisent sa production exclusivement limitée au style Louis XVI. Il s'agit de commodes à léger ressaut, de bureaux à cylindre et de petits meubles : tables de salon, tables de chevet, jardinières, tricoteuses, tables de jeu, ainsi que des guéridons à crémaillère, tables mécaniques, coffres à secret, etc. Lignes strictes, montants et pieds à cannelures réelles ou simulées, très peu de bronzes.

Bibliographie

"Le Mobilier Français du XVIIIe siècle"
  Pierre Kjellberg
  Les Éditions de l'Amateur - 2002

Portrait d'Antoine-André Ravrio 
par Henri-François Riesener

Musée du Louvre
 
Antoine-André RAVRIO
(23 octobre 1759 - Paris, 4 octobre 1814)

Reçu Maître Fondeur en 1777

Reçu maître fondeur en 1777, Antoine-André Ravrio figure parmi les plus importants bronziers parisiens de la fin du XVIIIe siècle et du Premier Empire. Fournisseur attitré du Garde-meuble impérial, il participe, aux côtés de Thomire et de Galle, au réaménagement des principales résidences de Napoléon et à la fourniture de bronzes d’ameublement pour les grandes personnalités de l’époque, notamment certains maréchaux d’Empire. De nos jours, certaines de ses réalisations appartiennent aux collections du Mobilier national à Paris.


Antoine-André RAVRIO
(23 October 1759 - Paris, 4 October 1814)

Master Bronzier in 1777


Made master bronzier in 1777, Antoine-André Ravrio is one of the most important Parisian bronze workers of the late 18th century and the early Empire period. Supplier of bronzes to the Imperial Garde-meuble, he helped furnish Napoleon’s residences, along with Thomire and Galle; he also worked for some of the most influential figures of the time, including Marshals of the Empire. Today certain of his works are in the collections of the Mobilier national in Paris.

Noël GERARD

Avant 1690- 1736


Né sans doute avant 1690, Noël Gérard était le fils de Nicolas Gérard et de Marguerite Montigny, sœur de Claude Montigny (le grand-père de Philippe-Claude Montigny). A la mort de Nicolas Gérard, sa veuve s'était remariée avec Louis Dubois et elle eut comme enfant de cette seconde union en 1694, Jacques Dubois, le célèbre ébéniste, qui était donc le demi-frère de Noël Gérard. Celui-ci devint apprenti en 1701 auprès de François Clabaux, demeurant rue du Faubourg-Saint-Antoine, locataire des maisons "Au nom de Jésus" et "A la levrette". Il se maria le 14 décembre 1710 avec Marie Colin, la veuve d'un "menuisier en ébène" du nom de Jean Chrétien. Noël Gérard devint ébéniste et marchand. Vial le signale installé en 1719 rue du Faubourg-Saint-Antoine à l'enseigne du Cabinet-d'Allemagne. Il promit cette année-là à l'abbé Le Camus un bureau de travail à pieds de biche. Ses affaires prospérant, il s'installa bientôt dans le somptueux hôtel du financier Jabach situé rue Neuve-Saint-Merry à l'angle de la rue Saint-Martin, dans le quartier de la finance et du commerce de luxe. En plus de ses activités d'ébéniste, il devint alors l'un des plus grands marchands-merciers de Paris. Sa clientèle comptait aussi bien le roi de Pologne, Stanislac Leszczynski (qui lui acheta des tapisseries), qu'un prince du sang comme le compte de Clermont (qui lui devait en 1734 la somme de 139 672 L) ou des présidents à mortier du Parlement de Paris comme Gabriel Bernard des Rieux (qui lui devait 4 800 L en 1735) et le président Molé (1 110 L). On trouve également parmi ses clients le comte de Watteville, le chevalier d'Erlac, colonel des Suisses, le fermier général Le Riche de la Popelinière, le duc de Bauffremont, le prince de Carignan, M. Lenormand, avocat au Parlement , le comte de Gomecourt, un M. Gaultier, Lollin, Gabriel, Guiral de Beaulieu, et M. de Blanchefort. Les ambassadeurs étrangers se meublaient aussi chez Noël Gérard ; l'ambassadeur d'Espagne, le marquis de Castellas lui devait 108 000 L, de même que son secrétaire, don Ferdinand de Trevigno, qui lui devait pour plus de 4 000 L de meubles. L'ambassadeur d'Angleterre, "Mylord Wadgrave", acheta pour plus de 2 200  L de meubles chez lui en 1733.

Par ailleurs, on sait que Noël Gérard faisait appel à d'autres ébénistes pour lui fournir des bâtis de meubles. Il faisait ainsi travailler l'ébéniste Charles Bernouville, avec lequel il eut un différend en 1713 au sujet de deux bibliothèques défectueuses. En 1721, un différend l'opposa à l’ébéniste Jacques Dieufait qui lui fournissait des bâtis de commodes au prix de 7 L 8 sols pièce. Noël Gérard mourut en pleine activité au printemps 1736. Son inventaire après décès établi à partir du 17 août 1736, dans l'ancien hôtel du financier Jabach qu'il occupait, révèle un stock considérable de tout ce qui touche à l'ameublement. L'inventaire interminable est tour à tour celui d'une boutique d'ébéniste, de tapissier, d'antiquaire, de quincaillier, de marchand de tableaux, d'armes, de miroirs et de luminaires. Ajoutons à cela des activités de marchand de bois : l'inventaire se conclut par la liste des stocks de bois que Noël Gérard possédait entreposés sur le quai de la Rapée (près de 7 000 planches). L'ensemble des actifs est évalué à la somme de 565 000 L.

Dans l'atelier, 7 établis garnis de leur outillage sont décrits ainsi que d'importants stocks de bois exotiques, preuve que Noël Gérard maintenait bien son activité première d'ébéniste. La liste de ces bois donne une indication intéressante de leurs prix respectifs à l'époque.
L'ébénisterie représente, outre 80 pendules, plus de 150 pièces à divers stades de finition. Les pendules constituent donc le tiers de la production globale de l’atelier. Parmi les meubles d'ébénisterie, les commodes sont des plus nombreuses : on en compte 38, estimées environ à 100 L chacune, dont 16 commodes en tombeaux et 7 commodes à la Régence. Le palissandre est le bois le plus utilisé sur les commodes (13) suivi par le bois de Cayenne (7) et le bois de violette (6). Dans la chambre de Noël Gérard, la commode est "en bois noirci à filets de cuivre". A par les commodes, l'atelier produisait surtout, des bureaux plats (au nombre de 23, en bois noirci, en bois de violette ou en amarante) ainsi que des encoignures (au nombre de 14 dont 6 en amarante, 2 en palissandre et 2 en bois de Cayenne). Plusieurs de ces encoignures sont hautes, "ouvrant à 2 guichets par le bas et 2 autres petits guichets dans le haut", avec parfois un tiroir au milieu ou un compartiment ouvert à dessus de marbre. Leur prix varie entre 24 L pour une paire d'encoignures basses et 300 L pour une paire de "hauts coins de bois d'amarante". Quelques tables à jeux sont décrites (trictrac en amarante ou table de quadrille), mais visiblement cela ne constituait pas la spécialité de Noël Gérard. Aucun meuble de laque n'est mentionné, mais on trouve une quantité de "cabarets" ou "plateaux de cabarets en bois verni de la Chine ou "bois des Indes". L'inventaire dénombre également 11 secrétaires, meubles alors en vogue, ainsi que 8 serre-papiers et autant d'armoires. Les bibliothèques, tant hautes qu'à hauteur d'appui, sont au nombre de 13, dont 4 en marqueterie à fond d'écaille, 3 en bois noirci et 2 en amarante.

Les meubles estimés les plus chers au cours de l'inventaire sont :
"N° 155 - Deux grandes armoires de marqueterie en écaille à deux grands battants au devant et des petits battants aux deux côtés de chacune, le tout orné de figures de bronze doré d'or moulu, prisées 4 000 L. "
On trouve aussi deux lustres de Boulle :
"N° 250 - Un lustre à 8 branches représentant une renommée de bronze doré d'or moulu, prisé 450 L".
"N° 286 - même description."
En plus de ces lustres, Noël Gérard proposait à sa clientèle de somptueux lustres de bronzes dorés ou de cristal de roche, aux prix très élevés (en tout une dizaine de lustres prisés entre 400 et 6 000 L pièce) ainsi que des porcelaines montées et des bustes de marbre. Noël Gérard possédait également un assortiment très vaste d'ouvrages de bronze : 41 paires de bras de lumière sont dénombrées, la plupart "à 2 branches en cuivre doré d'or moulu", mais aussi "en cuivre noir" pour 17 paires, c'est-à-dire en attente de dorure, et "en cuivre mis en couleur" pour 4 paires seulement. Les chenets, au nombre de 42 paires sont mentionnés et certains sont parfois reconnaissables. Les modèles sont dits représenter : "une salamandre"; "une chèvre"; "des chevaux"; "des enfants et chèvres"; "le loup et le sanglier"; "la fable du renard et la cigogne"; "la chasse"; "un aigle"; "des dragons"; "un trophée"; "des rocailles et tête de lion"; "des dauphins"; "des fermes". Le magasin offrait aussi des flambeaux de cuivre doré d'or moulu ou de cuivre argenté, au nombre d'une vingtaine de paires avec 3 paires de girandoles. Noël Gérard stockait des quantités de "garnitures de commodes" de cuivre noir mais aussi des quantités d'ornement de bronze et de modèles comme on le voit à la fin de l'inventaire : "600 livres pesant de cuivre mitraille dépareillé, prisé 540 L"; "400 livres pesant de plombs et de modèles cassés, 60 L"; "200 livres pesant de fontes, prisées 80 L.

Il est probable toutefois qu'il ne contrevenait pas à la règlementation des corporations en faisant ciseler chez lui les bronzes destinés à ses meubles. On trouve en effet signalé dans l'inventaire, un "état de marchandises établi entre Olivier de Rouvray et Louis Regnard tous deux maîtres ciseleurs à Paris demeurant rue des Arcis, par lequel Rouvray et Regnard auraient reconnu avoir entre leurs mains appartenant au sieur Gérard toutes les fontes des feux, pendules, pieds de girandoles et autres qu'ils se seraient obligés à bien réparer et ciseler au mieux moyennant le prix porté audit état".
L'inventaire décrit enfin un véritable stock de tapissier ; des tentures entières de tapisserie de Bruxelles étaient offertes à la vente de même que des ameublements complets : plus de 100 sièges en bois doré ou en noyer, recouverts de damas ou de tapisserie, et près de 70 tables en console de bois doré à dessus de marbre.

Nous croyons pouvoir attribuer à Noël Gérard plusieurs meubles frappés de l'estampille N.G. et qui datent précisément des années 1720-1730. Ces meubles en ébène, en palissandre ou en amarante sont caractéristiques d'un style très particulier et permettent à leur tour d'attribuer à Noël Gérard tout un groupe de meubles jusqu'à présent anonymes. Ainsi, le bureau plat du musée de Toledo, estampillé N.G. permet d'attribuer plusieurs autres bureaux en ébène ou en amarante qui présentent la même découpe brisée en haut du pied et les mêmes bronzes : un bureau conservé à la bibliothèque de l'Arsenal à Paris, un autre conservé au musée national de Bavière, à Munich, un troisième à la Résidence de Ansbach et deux autres passés en vente récemment (vente Sotheby's Monaco, 22-05-1978, lot 242 et New York, 7-05-1983, lot 210). De la même façon la commode en palissandre vendue à Paris le 2 avril 1987, lot 133, est semblable à une commode du château de Longleat et à deux autres commodes en marqueterie Boulle, vendues dans le passé : l'une, vente Kotschoubey, Paris 1906, l'autre, vente Sotheby's Monaco, 23-06-1983, lot 290. Enfin, le bureau plat (vente Sotheby's Londres, 20-11-1964, lot 121) avec ses pieds exagérément saillants devrait permettre d'attribuer à Noël Gérard plusieurs commodes en marqueterie Boulle qui présentent la même caractéristique (vente Paris, 26-11-1979, lot 64, Maître Oger). Jusqu'à présent, les experts n'ont pas prêté attention à cette marque N.G., la prenant sans doute pour une marque de château. Il est probable que beaucoup d’autres meubles sont estampillés de cette façon et que de nombreuses découvertes restent à faire sur cet ébéniste.

Noël GERARD

Before 1690- 1736



Noël Gérard was the son of Nicolas Gérard and Marguerite Montigny, sister of Claude Montigny and was born before 1690. On Nicolas Gérard's death, his widow married Louis Dubois, by whom in 1694, she had a son, Jacques Dubois, the renowned ébéniste, who was thus Noël Gérard's half-brother. The latter was apprenticed in 1701 to François Clabaux, at the houses 'Au nom de Jésus' and 'A la levrette', rue du Faubourg Saint-Antoine. He married Marie Colin on 14 December 1710, the widow of a 'menuisier en ébène' by the name of Jean Chrétien. Noël Gérard became both an ébéniste and a dealer. H. Vial records him as being established in 1719 in the rue du Faubourg-Saint-Antoine at the sign of the 'Cabinet d'Allemagne'. In the same year he promised the Abbé Le Camus a 'bureau de travail' with cabriole legs. His business prospered and soon he moved into the sumptuous hôtel of the financier Jabach situated at the corner of the rue Saint-Martin in the quarter for finance and luxury goods. Besides his activities as an ébéniste he had become one of the most important marchands-merciers in Paris. His clientèle included not only the ex-King of Poland, Stanislas Leszczynski (who bought tapestries from him), but also a prince of the blood such as the Comte de Clermont (who owed him 139,672 Livres in 1734) or the Président à mortier of the Parlement de Paris, Gabriel Bernard des Rieux (who owed him 4,800 livres in 1735) and Molé (1,110 livres). Other clients of his were the Comte de Watteville, the Chevalier d'Erlac, colonel of the Swiss Guards, the fermier général Le Riche de la Popelinière, the Duc de Bauffremont, the Prince de Carignan, M. Lenormand, advocate to the Parlement, the Comte de Gomecourt, and MM. Gaultier, Lollin, Gabriel, Guiral de Beaulieu and de Blanchefort. Foreign ambassadors also bought furnishings from Gérard, including the ambassador of Spain, the Marquis de Castellas who owed him 108,000 livres as well as his secretary Don Ferdinand de Trevigno who owed him for more than 4,000 livres worth of furniture. The English ambassador Lord Waldegrave bought furniture to the value of 2,200 livres at his shop in 1733. 

It is also recorded that Noël Gérard commissioned other ébénistes to provide him with his carcases. In 1713 he had a dispute with Charles Bernouville over two defective bookcases, and another in 1721 with Jacques Dieufait who provided him with commode carcases for 7 livres 8 sols each. Gérard died in mid-career in the spring of 1736. The inventory taken at the former hôtel of financier Jabach on 17 August 1736 lists a considerable stock of all branches of the furnishing trade. The interminable inventory describes in turn the shop of an ébéniste, tapissier, antique-dealer, ironmonger, picture-dealer, and dealer in arms, mirrors and lighting. Added to this he was a timber merchant: the inventory concludes with a list of stocks of wood which he stored on the quai de la Rapée (nearly 7,000 planks). The total assets were valued at 565,000 livres. 


In the workshop there were seven work-benches fitted out with their tools as well as large stocks of exotic woods, proof that Gérard maintained his original craft of ébéniste. The list of these woods gives an interesting indication of their respective values at the time. 

Of the furniture, apart from 80 clocks, there were more than 150 pieces in various states of completion. Clocks therefore represented a third of the workshop's total production. Among the cabinet pieces, commodes were most numerous: there were 38 examples listed, estimated at around 100 livres each, of which 16 were 'commodes en tombeaux' and seven 'à la Régence'. Of the woods used for commodes, palisander was the most common (13) followed by bois de Cayenne (seven) and kingwood (six). The commode in Gérard's bedchamber was described as 'in ebonized wood with brass stringing'. Apart from the commodes, the workshop mainly produced bureaux plats (23 are listed in ebonized wood, in kingwood and in amaranth) as well as encoignures (14 examples, of which six were in amaranth, two in palisander and two in bois de Cayenne). Several of the encoignures were tall 'with two small doors at the base and two further doors above', sometimes with a central drawer or an open recess with marble top. The prices varied between 24 livres for a pair of low encoignures and 300 livres for a pair of 'tall examples in amaranth'. Various games-tables are listed (trictrac in amaranth or a quadrille-table), but this was obviously not an important part of Gérard's production. No pieces in lacquer are mentioned, but there were a quantity of 'cabarets' or 'cabaret trays in japanned wood' or 'bois des Indes'. The inventory also lists 11 secrétaires, a then fashionable piece of furniture, as well as eight serre-papiers and the same number of armoires. There were 13 bookcases, some tall, others of breast height, of which four were with marquetry on a tortoiseshell ground, three in ebonized wood and two in amaranth.

The pieces of furniture with the highest values in the inventory were: 

N°. 155 - Two large armoires with tortoiseshell marquetry with two large doors at the front and two small doors on either side, all decorated with gilt-bronze figures, priced at 4,000 L
One of these armoires later belonged to the minister Machault d'Arnouville and came to light recently (sale Christies' Monaco, 18 June 1989, lot 212). The longstanding attribution of this piece to Boulle cannot be sustained; it must be the work of one of his followers, perhaps Poitou or Cressent. Other items in Gérard's inventory are more reminiscent of Boulle, such as two chandeliers of a well-known Boulle type: 
N° 250 - An 8-branch chandelier representing Fame in gilt-bronze, priced at 450 L
N° 286 - As above
Besides these chandeliers, Gérard offered sumptuous gilt-bronze or rock-crystal chandeliers to his clientèle at very high prices (altogether a dozen chandeliers priced between 400 and 6,000 livres) as well as mounted porcelain and busts in marble. He also had a huge assortment of artefacts in bronze: 41 pairs of wall lights are listed, mostly 'with two branches in gilt-bronze'. Forty-two pairs of chenets are mentioned, some of which can be recognized. These models are described as being in the form of 'a salamander', a 'goat', 'horses'; 'children and goats'; 'the wolf and the boar', 'the fable of the fox and the stork'; 'the hunt', 'an eagle', 'dragons', 'a trophy', 'rocailles with a lion's head'; 'dolphins' and 'farmyard'. The shop also stocked candelabra in gilt-or silvered-bronze of which there were twenty pairs and three pairs of girandoles.

Gérard stocked not only a number of 'mounts for commodes' in 'black (i.e. ungilded) bronze', but also quantities of bronze decorations and models, which are listed at the end of the inventory: '600 livres weight of bronze off-cuts, priced at 540 L'; '400 livres weight of lead and broken models, 60 L'; '200 livres weight of cast bronze, priced at 80L'. It is probable that he was not infringing the guild rules in having bronzes chased in his own workshop for his own furniture. The inventory actually mentions 'a list of goods drawn up by Olivier de Rouvray and Louis Regnard, both master ciseleurs in Paris, rue des Arcis, whereby they would have admitted having in their possession all the rough casts of chenets, clocks, bases for girandoles and others, all belonging to sieur Gérard, which they had contracted to finish and chase as well as possible, for the price mentioned in the above documents'.

The inventory describes a real upholsterer's stock. Entire sets of Brussels tapestries were offered for sale as well as suites of furniture: more than 100 chairs in gilt wood or walnut covered in damask or needlework and nearly 40 console tables in gilt wood with marble tops.

We believe it is possible to attribute to Noël Gérard a number of pieces stamped 'N.G.' and which date to the period 1720 to 1730. These pieces in ebony, palisander ou amaranth are in a very particular style, thus facilitating the further attribution of a whole group of furniture to Noël Gérard which until now has remained anonymous. Thus the bureau plat in the Toledo Museum (stamped 'N.G.') enables the attribution to Gérard to be made with regard to several other bureaux in ebony or amaranth with the same broken line above the legs and the same mounts: a bureau in the library at the Arsenal in Paris, another in the Bayerisches Nationalmuseum in Munich, another in the Residenz at Ansbach, and two further examples which have appeared recently at auction (sale, Sotheby's Monaco, 22 May 1978, lot 242 and New York, 7 May 1983, lot 210). Similarly, a commode in palisander was sold in Paris on 2 April 1987, lot 133 and is comparable with three other Boulle marquetry commodes: one in the Kotschoubey sale, Paris, 1906, the second in a Sotheby's Monaco sale, 23 June 1983, lot 290, and the third at Longleat. Finally, the bureau plat sold at Sotheby's London on 20 November 1964, lot 121 with exaggeratedly projecting legs opens up the attribution to Gérard of several commodes with Boulle marquetry which have the same characteristics (sale, Paris, 26 November 1979, lot 64, Maître Oger). Until now experts have not paid attention to the stamp 'N.G.', no doubt taking it for a château mark. It is likely that many other pieces are stamped in this fashion ant that much is still to be learnt about this ébéniste.




Bibliographie

"Les Ébénistes français de Louis XIV à la Révolution"
  Alexandre Pradère
  Paris - 1989

"French Furniture Makers
  Alexandre Pradère
  Sté Nlle des Éditions du Chêne - 1989
Jacques Laurent COSSON
1737 - 4 avril 1812

Maître le 4 septembre 1765


Cet ébéniste réputé est établi rue de Charonne dans un immeuble à l'enseigne du "Grand Monarque".
Il fournit certains de ses confrères, Migeon et Moreau en particulier, ainsi que des tapissiers. Quelques rares meubles ornés de porcelaine de Sèvres (petit secrétaire de dame vendu à Paris en 1987), une commode en vernis imitant la laque de Coromandel ont peut-être été commandés spécialement par ces derniers. En effet, la production de Cosson comporte, dans l'ensemble, des meubles de conception plus sobre, Louis XVI pour la plupart. Les plus typiques (commodes, bureaux plats, bureaux à cylindre, secrétaires) sont plaqués d'acajou avec de strictes baguettes d'encadrement en bronze doré. Une commode et deux encoignures de ce type, autrefois dans la collection Espirito Santo (vente à Paris, 14 juin 1955, n° 32), sont passées dans la collection Niarchos.

Cosson a également utilisé avec habileté des placages d'autres bois, notamment du bois de rose, ainsi que des marqueteries de motifs géométriques, pour habiller des meubles de différents types: bureaux plats Louis XV ou Louis XVI, petites tables de salon, bureaux à cylindre, commodes dessertes, pour la plupart Louis XVI, enfin des commodes Louis XV et Transition. A propos des dernières nommées, il faut noter un modèle à léger ressaut marqueté de carrés à quatre-feuilles sur fond de cubes dans un large encadrement treillagé également à quatre-feuilles. Une de ces commodes, estampillée de Cosson, est passée en vente à la galerie Charpentier le 8 décembre 1954, mais on connaît d'autres exemplaires estampillés par différents ébénistes dont Léonard Boudin. Il est intéressant de constater que cette même marqueterie figure sur d'autres œuvres de Cosson: une petite commode Louis XV (collection Cahen d'Anvers, galerie Charpentier, juin 1934, n° 139, puis vente à Londres, chez Sotheby's, en 1988) et un petit meuble Transition à transformation vendu à Paris le 21 juin 1935, n° 68.

Bibliographie

"Le Mobilier Français du XVIIIe siècle"
  Pierre Kjellberg
  Les Éditions de l'Amateur - 2002

 
Charles KRIER
Né en 1742

Maître le 12 janvier 1774


Après son apprentissage effectué dans le faubourg Saint Antoine, il s'établit rue du Bac comme ébéniste et marchand. Il y restera jusqu'à l'Empire. Son estampille figure sur des meubles Transition ou Louis XVI revêtus de marqueteries ou de placages unis, principalement d'acajou: commodes demi-lune ou rectangulaires, consoles dessertes, etc. le décor se réduit à des moulures ou à quelques éléments de bronze. Theunissen mentionne aussi quatre chaises en acajou dans le goût anglais portant les estampilles de Krier et de R. Lacroix et datant de la fin du XVIIIe siècle.

Bibliographie

"Le Mobilier Français du XVIIIe siècle"
  Pierre Kjellberg
  Les Éditions de l'Amateur - 2002

 
Les Pluvinet
 
Philippe Joseph PLUVINET
Mort en mai 1793

Maître le 14 juillet 1754


Ce menuisier, établi rue de Cléry, comme nombre de ses confrères, a produit des sièges Louis XV ou Louis XVI de très belle qualité, qu'il s'agisse de modèles simples, uniquement moulurés, ou d'ouvrages de luxe plus abondamment sculptés. Parmi les sièges Louis XV les plus remarquables figure une ample bergère à dossier plat. La sculpture, élégante et nerveuse, se compose de cartouches, de rinceaux, de feuillages, sans oublier les nervures en "coup de fouet" des consoles d'accotoirs et l'élégante courbe qui les raccorde à la ceinture et que l'on retrouve sur d'autres sièges. 

Citons encore, dans le style fin Louis XV, le canapé d'alcôve en bois doré et sculpté, à petits pieds en console, de l'ancienne collection Jacques Doucet, dispersée à Paris du 6 au 8 juin 1912 (n° 289), et, dans la même collection (n° 293), deux petites bergères et deux fauteuils Louis XVI non moins délicatement sculptés, passés de nouveau en vente à Paris le 30 mai 1951 (n° 86).




Louis Magdeleine PLUVINET
Mort vers 1785
 
Maître le 19 avril 1775

 

Probablement fils de Philippe Pluvinet, il ouvre, comme ce dernier, un atelier dans la rue  de Cléry, où il fabrique des sièges Louis XVI de bonne qualité et de type classique : canapés de formes variées, bergères, fauteuils ornés des habituels motifs décoratifs du répertoire néo-classique. A l'exposition des Grands Ébénistes et Menuisiers, en 1955-1956, au musée des Arts Décoratifs, figuraient des ouvrages hors série de cet artisan : une paire de canapés d'enfant (L. 128 cm) à dossier rectangulaire, sculptés de bouquets feuillagés (n° 250), et une grande console demi-lune (L.157cm) en bois doré, sculptée d'une guirlande de fleurs, de chutes de laurier et de feuilles d'eau (n° 249).
Citons encore, reproduit par Theunissen, un original canapé à dossier enveloppant, sculpté d'entrelacs et de palmes ; il repose sur six pieds fuselés et présente une ceinture formant ressaut.

Bibliographie

"Le Mobilier Français du XVIIIe siècle"
  Pierre Kjellberg
  Les Éditions de l'Amateur - 2002

 
Louis FOUREAU

Maître le 27 novembre 1755



Durant une trentaine d'années cet ébéniste, établi rue du Faubourg-Saint-Denis, va se consacrer presque exclusivement à la fabrication de meubles ornés de vernis dans le goût de la Chine. De modèles classiques, ses premiers meubles Louis XV, principalement des commodes galbées assez élégantes, sont parfois ornés d'encadrements de bronzes rocailles. 

Par la suite, Foureau semble privilégier les décors au détriment des formes. Ses commodes, ses encoignures, ses secrétaires, ses chiffonniers Transition ou Louis XVI sont ornés de paysages, d'animaux, de scènes animées inspirées de l'Extrême-Orient, qui se déploient en plein sur toute leur surface, constituant en cela leur originalité. Meubles dans l'ensemble bien équilibrés mais de lignes très simples et pratiquement dépourvus de bronzes ou de toute autre recherche décorative. Quelques rares meubles de Foureau sont ornés de marqueteries assez fines de fleurs et d'oiseaux.


Bibliographie

"Le Mobilier Français du XVIIIe siècle"
  Pierre Kjellberg
  Les Éditions de l'Amateur - 2002
Georges KINTZ

Reçu Maître, le 18 décembre 1776


Cet ébéniste, établi rue du Faubourg Saint-Antoine puis rue Daval, a produit des meubles Louis XVI simples et soignés, quelques-uns en placage de bois de rose, la plupart en acajou : commodes, secrétaires, bonheurs-du-jour, consoles dessertes et autres meubles légers. L'ornementation se limite à de simples moulures et ne comporte pratiquement pas de bronzes.


Musée 

Saint-Jean-Cap-Ferrat, Ephrussi :
Table à plateau circulaire reposant sur trois pieds.


Ventes

Meubles Louis XVI exclusivement
Petite commode à trois tiroirs en acajou mouluré, montants et pieds cannelés, Chartres, 22 octobre 1972.
Commode à léger ressaut en acajou mouluré, trois rangs de tiroirs, pieds fuselés cannelés, 89 x 127 x 57 cm, Versailles, 20 novembre 1983, n° 99.
Grande commode demi-lune en acajou, ouvrant à trois tiroirs et deux portes latérales, L. 145 cm, Drouot, 6 décembre 1983, salles 5 et 6.
Secrétaire en acajou mouluré, 155 x 82 cm, Galliera, 5 décembre 1974.
Secrétaire à hauteur d'appui en acajou, 107 x 106 x 46.5 cm, Sotheby's Monte-Carlo, 22 juin 1986, n° 531.
Secrétaire en placage de bois de rose encadré de filets à la grecques, La Flèche, 26 octobre 1986.
Semainier en bois de placage, Pont-Audemer, 22 novembre 1987.
Chiffonnier à six tiroirs plaqué de bois de rose, encadrements d'amarante et de filets de deux tons, 147 x 112 x 41.5 cm, Drouot, 18 novembre 1988, salles 5 et 6, n° 115.
Bureau plat en acajou à petits caissons, encadrements de baguettes de bronze, pieds fuselés cannelés, 75 x 146 x 72 cm, Drouot, 8 mars 1985, salles 5 et 6.


Bibliographie

"Le Mobilier Français du XVIIIe siècle"
  Pierre Kjellberg
  Les Éditions de l'Amateur - 2002



Jacques BIRCKLE
1734 - 7 mars 1803

Reçu Maître, le 30 juillet 1764




Travaillant d'abord comme ouvrier libre dans le faubourg Saint-Antoine, il est reçu à la maîtrise, le 30 juillet 1764. Installé rue Saint-Nicolas, il commença à travailler pour le Garde-Meuble royal en 1785, ce jusqu'à la Révolution ; date à laquelle ses livraisons pour la Couronne cessèrent.

On trouve son estampille sur de très bons ouvrages, principalement en marqueterie. Au vu de sa production, abondante, variée, de belle qualité, adaptée avec aisance à l'évolution des styles, Bircklé apparaît comme un ébéniste consciencieux, ne cherchant nullement le luxe et la préciosité mais davantage l'effet décoratif. Il y excelle grâce à son indéniable talent de marqueteur. 

Dans la plupart de ses meubles, pratiquement dépourvus de bronzes, une constante s'impose en effet : sa prédilection pour des marqueteries aux tons vifs et contrastés, dessinées avec simplicité, sans détails superflus. Faites de bois teintés clairs, elles se détachent le plus souvent sur un fond de placage plus sombre. Leur effet spectaculaire est encore renforcé par les thèmes choisis : vases de fleurs, urnes, draperies, rubans, trophées de la Musique, attributs divers et même paysages ou scènes à l'antique, les uns et les autres habituellement encadrés de filets à grecques.

Il existe enfin un décor très original, presque une "exclusivité" de l'ébéniste, que l'on rencontre pratiquement à l'identique sur des commodes et des secrétaires Transition ou Louis XV : il représente, en trompe l’œil si l'on peut dire, un bureau plat Louis XV sur un dallage noir et blanc. Le tiroir droit du bureau est ouvert et, sur le plateau, sont posés deux vases de fleurs, des livres et divers objets. Une draperie surmonte l'ensemble tel un rideau de scène ouvert pendant le spectacle.

A côté de ces fabrications si caractéristiques, Bircklé a produit d'autres meubles un peu moins typés, mais toujours d'excellente facture, sur lesquels on retrouve des marqueteries de cubes ou d'autres motifs géométriques dans des encadrements.

Parmi sa nombreuse clientèle, on compte la Comtesse de Provence pour qui il livre, à Versailles, en janvier 1787, "2 commodes de 3 pieds 1/2 plaquées en bois de rose, à 4 tiroirs fermant à clef, garnies d'anneaux, chapiteaux, sabots dorés, avec dessus de marbre blanc, à 132 livres chacune", puis, le 10 juin de la même année, Marie-Antoinette pour le service de laquelle il livre à Saint-Cloud "N° 156 - une commode de 4 pieds en bois d'acajou à 5 tiroirs fermant à clef ornée d'une frise à canneaux et fleurons. Sabots et chapiteaux dorés. Dessus de marbre blanc veiné. Une console en demi-cercle de 4 pieds de même bois et analogue à la commode, et à deux marbres blanc veiné. Pour les 2 meubles : 680 L. 4 commodes de 3 pieds 1/2 en bois satiné, à 5 tiroirs fermant à clef, garnies d'anneaux, entrées, sabots et chapiteaux doré, à dessus de marbre des Flandres, à 120 L l'une : 480 L."

Il travailla également pour Madame Élisabeth au Château de Montreuil, le duc d'Orléans et la princesse de Lamballe. En 1788, il travailla pour le dauphin à Meudon.

Après la Révolution, son atelier fut repris par son fils, qui poursuivra son activité jusqu'en 1825.

Bibliographie

"Le Mobilier Français du XVIIIe siècle"
  Pierre Kjellberg
  Les Éditions de l'Amateur - 2002


"Les Ébénistes Français de Louis XIV à la Révolution"
  Alexandre Pradère
  Paris - 1989



"Les Ébénistes du XVIIIe siècle"
  Comte François de Salverte
  F. De Nobele, Paris - 1962



"L'Art et la Manière des
  Maîtres Ébénistes Français au XVIIIe siècle"
  Jean Nicolay
  Éditions Pygmalion - 1976


Étienne AVRIL
1748 - 24 juin 1791

Maître le 23 novembre 1774


Surnommé Avril l'Aîné, il était établi rue de Charenton, à l'angle de la rue Moreau. Il cédera son atelier, peu avant la Révolution, à son frère cadet Pierre Avril, mais il conservera des magasins qu'il exploitait près de la porte Saint-Antoine. Après sa mort, il faudra trois ventes aux enchères, de plusieurs jours chacune, pour disperser l'important stock de marchandises que ces magasins contenaient.

Au cours de son activité d'ébéniste, il vendait, selon une publicité de l'époque, "quantité de commodes, consoles, bibliothèques, secrétaires et chiffonniers en acajou et bois des Indes, des tables de nuit, etc.". Ce sont ces meubles, ainsi que des vitrines, des bureaux, des petites tables de salon, que l'on retrouve aujourd'hui, assez nombreux, dans le commerce et les ventes publiques. On sait également qu’Étienne Avril reçut des commandes pour l'appartement de la reine Marie-Antoinette au château de Saint-Cloud.

L'acajou et le satiné dominent la production de cet artisan, adepte exclusif, semble-t-il, des lignes rigoureuses et simples et des grandes surfaces unies, propres au style Louis XVI. On trouve aussi, mais beaucoup moins nombreux, des meubles, toujours Louis XVI, en placage de citronnier, d'autres en placage de bois de rose, uni ou à fil contrarié, et même des modèles revêtus de marqueteries géométriques. Les formes sont nettes, légères, bien proportionnées, les bronzes pratiquement inexistants, réduits le plus souvent aux entrées de serrures et parfois à de fines baguettes d'encadrement, soulignant discrètement l'architecture du meuble.

La conception de certains modèles ne manque pas d'originalité, et l'on connaît notamment un curieux secrétaire double pourvu de deux abattants disposés côte à côte. Le meuble le plus curieux et le plus exceptionnel d’Étienne Avril reste cependant une étonnante commode Louis XVI à léger ressaut en placage de sycomore teinté vert et marqueté de bois d'olivier, qui est passée en vente à Paris en 1974.   



  Bibliographie

"Le Mobilier Français du XVIIIème siècle"
  Pierre Kjellberg
  Les Éditions de l'Amateur - 2002


Jean-Louis PRIEUR
(1732 - 1795)
 
Maître Sculpteur, le 5 novembre 1765
Maître Fondeur, le 13 juillet 1769
 
Jean-Louis Prieur naît à Paris en 1732. Il est issu d'une famille d'artisans spécialisés dans les arts décoratifs.
Il est reçu Maître Sculpteur à l'Académie de Saint-Luc, le 5 novembre 1765, puis Maître Fondeur, "en terre et sable", le 13 juillet 1769, suivant un arrêt du Conseil, du 6 juin 1769.
 
Cousin du célèbre fondeur-ciseleur parisien Jean-Joseph de Saint-Germain, il n'apparaîtrait pas étonnant qu'il fasse ses débuts dans son atelier.
Il est installé Faubourg Saint-Denis, puis à l'Enclos du Temple à l'enseigne des "Armes d'Angleterre" (Davilliers, Aumont, p. XXVII), où il se désigne comme "sculpteur, cizeleur et doreur du Roy" ou "sculpteur, fondeur du Roy".
 
Il contribue à la diffusion de ce nouveau goût "à la grecque", en participant à l'expédition menée sous la protection de Madame Geoffrin et dirigée par l'architecte Victor Louis, à la cour polonaise, pour la rénovation du château de Varsovie, en 1766, sous le règne de Stanislas-Auguste Poniatowski.
 
En 1772, il œuvre pour les bronzes du chœur de la Cathédrale de Chartres et, en 1775, pour ceux du carrosse du sacre de Louis XVI.


 Gravure du Carrosse du sacre de Louis XVI
Château de Versailles
  

Cette même année, il travaille pour les petits appartements du Prince de Condé au Palais Bourbon. Il propose, à cette occasion, un projet de cheminée qui, en raison de son apparence, a longtemps été considéré comme celui d'une simple console et qui a pu être, aujourd'hui, identifié par rapprochement.

Modèle de cheminée décorée en console
Paris, vers 1771-1772
Musée des Arts Décoratifs - Paris

 
On la voit, sur ce projet, "figurée par une table de marbre blanc, soutenue par des pieds de bronze doré d'or moulu. Les chenets y sont liés avec ces supports, de manière qu'elle sert effectivement de table en été par le moyen du panneau du fond qu'on y ajoute".
 
En 1776, il livre des girandoles à décor de roses pour le boudoir turc du Comte d'Artois à Versailles.
 
Parmi ses nombreux autres projets, retenons celui d'une console reposant sur quatre montants "en gaine" sculptés de bustes de femme et réunis par une entretoise ornée d'une aigle bicéphale

 
 Projet de console
vers 1775
Musée des Arts Décoratifs - Paris
 

ou bien celui d'un piédestal à décor de vase enflammé et de cornes d'abondance, qui pourrait être rapproché de celui exécuté, quelques années auparavant, pour le roi de Pologne.

 Modèle de piédestal
vers 1770
Musée des Arts Décoratifs - Paris
 

On notera, aussi, celui d'un surtout de table représentant une coupe flanquée de deux sphinges canéphores supportant un panier de fruits.



 Modèle de surtout de table
vers 1770
Musée des Arts Décoratifs - Paris
 

On remarque donc, chez Prieur, un véritable talent de dessinateur qui, au travers de la richesse et de la variété de son œuvre, réside dans sa capacité à renouveler sans cesse ses formes en suivant l'évolution du néoclassicisme.
Malgré le succès de ses productions, il fait faillite, en 1778, et se réfugie alors sous la protection du Comte d'Artois, frère du Roi, afin d'échapper à ses créanciers et à la juridiction royale. Surmontant ces difficultés, il parvient aussi à poursuivre une activité d'ornemaniste.

A partir de cette période, il fait graver ses dessins, en vue de les publier et son répertoire ornemental évolue, avec une prédilection pour des motifs et des décors d'inspiration antique (arabesques, figures chimériques...). Certaines de ses compositions sont destinées à être peintes sur des panneaux ou des toiles de grand format, comme celles que l'on peut voir au Musée des Arts Décoratifs de Paris.
 
Prieur peut être considéré à juste titre comme l'un des pères du dessin professionnel : dès 1770, il prit le soin de déposer les dessins de ses modèles au bureau des dessins ouvert par sa propre corporation, le 21 avril 1766, et dont l'archivage des projets permettait d'éviter les contrefaçons, tout en sanctionnant ceux qui exploitaient les modèles d'autrui (ce qui donnait lieu à des procès au sein de la corporation). Ce dépôt fut, malheureusement, détruit, lors de l'incendie de l'Hôtel de Ville, en 1871, pendant l'Insurrection de la Commune.
 
Prieur meurt à Paris, en 1795.



Jean-Louis PRIEUR
(1732 - 1795)

Master carver, 5th November 1765
Master Founder, 13th July 1769

Jean-Louis Prieur was born in Paris in 1732, from a crafstmen family specialized in decorative arts. He became a Master Carver at the Saint-Luc Academy, the 5th November 1765 and then Master Founder 'en terre et sable', the 13th November 1769.

Cousin of the famous parisian carver-founder Jean-Joseph de Saint-Germain, it may be possible that he began his activity in his workshop. He settled Faubourg Saint-Denis and then at the Enclos du Temple, under the name 'Armes d'Angleterre', where he called himself 'sculptor, carver and gilter of the King'.
He contributed to spread the new Greek style taste, being a part, in 1766, of the expedition to the Polish Court, for the renovation of the Warsaw Castle, under the direction of the architect Victor Louis.

In 1772, he worked on the bronzes of the Chartes cathedral's choir and in 1775 on those of the carriage of Louis XVI's coronation.
The same year, he worked in the apartments of the Prince de Condé at Palais Bourbon. For the occasion he offered a new draft of fireplace, which had been considered as a console for a long time but has now been identified.

In 1776, he delivered candelabra decorated with roses for the boudoir of Comte d'Artois in Versailles.

Among his numerous drafts, some have caught our attention : a console, on four square tapering supports headed by women busts and joined by a bicephalous eagle carved stretcher; a pedestal adorned with burning vases and cornucopie, which could be compared with the one done, a few years before, for the King of Poland, or a center-piece of table depicting a bowl flanked by two sphinges hloding a basket of fruits.

We can therefore notice that Prieur had a real talent for drawing, which lied in his capacity to adapt his shapes and renew his works to follow the evolution of neoclassicism style.

In spite of his success, Prieur went bankrupt in 1778 and took refuge unde Comte d'Artois' protection in order to escape from his creditors and the royal jurisdiction. He managed to overcome those troubles and kept up by becoming an ornamental designer.

From that time, he had made his drawings engraved in order to publish them, and his ornamental vocabulary evolved with a special predilection for antique taste decoration. Some of his works were supposed to be painted on large panels or canvas, like the ones of the Musée des Arts Décoratifs in Paris.

Prieur can rightly be considered as the godfather of the professionnal drawing : from 1770, he had filed his drawings and models to the 'Drawing Desk' that his own corporation opened, the 21st April 1766. To archive drafts enabled to avoid counterfeits and to punish the ones who had exploited the other's models.

The desk was unfortunatelly ruined in the fire of the town hall in 1871.

Prieur died in Paris in 1795.